Hasan Yýldýz
«Droit» chez les Alevi-Bektachis
Introduction
Aujourd’hui environ 20 million d’Alevi-Bektachi vivent en Anatolie et en Tracie. Ceux ne sont pas caractéristique ethnique mais plutôt un mode de vie conduite et de vie qui spécifient cette population.
Il s’agit là d’un certain concept philosophique ainsi de l’ensemble des règles de conduit. Afin d’y apporter une certaine appréciation sur le Model de société que suggère le doctrine Alevi-Bektachi, il s’avère nécessaire d’étudier l’histoire de l’Anatolie.
On sait que plusieurs civilisation telle que; les Sumériens, les Lydie, les Urartus, les Hittites, les Pyriques, les Romains, les Byzantins, les Turcs, les Kurdes, les Arméniens, ... etc., et plusieurs religions ont laissé leur trace en Anatolie.
L’ensemble ces civilisations et religions ont marqué et influencé le courant Alevi-Bektachi.
En XI ièm siècle, lorsque l’islam pénétrait en Anatolie (notamment les Seldjoukides), il a rencontré une forte résistance de la population. L’opposition de la culture anatolienne et de l’islam a donné lien à un choque avec ses conséquence diverses.
Le résistance de la culture Anatolienne au mode de vie imposé par l’islam a continué, notamment par les Alevi-Bektachis.
Sur le plan intellectuel, cette résistance a été formulé et justifiée principalement par Haci (Hadji) Bektachi Veli à la fin de 13 ème siècle. En opposition de l’orthodoxie de l’islam, il s’est prononcé plutôt sur la vertu individuelle, quelque soit l’origine ethnique ou l’appartenance religieuse de l’individu. Ainsi, il a apporté une nouvelle interprétation à l’islam. Cette nouvelle vision de l’islam ne pouvait évidement pas être tolérée par le pouvoir central qui essayait d’imposer l’islam radical, savoir le confession sunnite. L’Histoire est marquée jusqu’à 20 ème siècle par plusieurs révolte des Alevi-Bektachis, les quelles se sont soldées par échec de ceux-ci et souvent par un bilan tragique.
Il faut préciser que même à nos jours , nous assistons à la persécution des Alevi-Bektachis par l’État “laïc” Turc ou par les milices sunnites tolérés ou favorisés par le gouvernements successifs.
La conception Alevi-Bektachis rejète l’application de charias. C’est pourquoi, il rejète également certaines institutions islamiques, telle que la mosquée , la prière, le jeune, le pèlerinage, etc.
Certaines conceptions de l’islam sont également rejetées par les Alevi-Bektachis. Par exemple; contrairement à l’islam qui considère la femme comme un être inférieure à l’homme. Dans la conception Alevi-Bektachis, la femme est égale à l’homme, et en tant que telle. Elle est une composante essentiel de la société.
Si l’État Turc est actuellement le seul état laïc parmi 54 états dont la population se compose majoritairement par les musulmans, cela s’explique en grande partie par le fait que les Alevi-Bektachis constituent une partie non-négligeable de la population Turque. Et ils ont réussi plus ou moins à imposer leur conceptions dans la réalisation de l’état moderne turc au début du 20 ème siècle
Partie 1: Un droit sui-generis
Le droit Alevi-Bektachis est principalement coutumière et local. Et il est appliqué en Anatolie.
Il se distincte du droits locaux des pays dimitrofs. Il se distincte également du droit positif, c’est-à-dire du droit légifère par le pouvoir central, le quel, comme nous l’avons déjà signalé, et ait jusqu’à la création d’un état modern par Atatürk en 1924 fortement inspiré par le charias.
Jusqu’à 19 ème siècle dans l’empire ottoman, le droit positif est déterminé par les ordonnances du Sultan ou par celles émanant du pouvoir spirituel suprême (Þeyhulislam). A compter de 1876 le pouvoir législatif a été confié sous certains réserves, au parlement. Il convient de préciser que le pouvoir législatif du parlement a été très limité.
Toutefois l’application de ces lois a rencontrer des difficultés très sérieuse.
Notamment les Alevi-Bektachis ont continué de préserver leur système juridique basé sur leurs valeurs éthiques, ainsi que sur les réalités sociologique dans lesquelles ils se trouvaient.
En effet, les normes legisférés par les Ordonnances édictées par le pouvoir central ne répondaient pas toujours aux besoins de la société Alevi-Bektachis composé des groupes nomades ( la majorité)
A. L’application de droit Alevi-Bektachi
L’Application du droit Alevi-Bektachi suppose le volontarisme des justifiables.
En effet l’application des normes juridiques suppose une volonté d’adhésion de chaqu’un à la société. Cette volonté d’adhésion se manifeste d’une façon formelle. Alevi-Bektachi, à la fin de sa jeunesse est invité devant un comité de sages pour qu’il prononce sa volonté de devenir un membre entier de la société. Lors d’une cérémonie il donne serment pour respecter l’ensemble des règles applicables dans la société (ikrar).
Le comité des sages prend l’acte de serment du postulant et lui accorde un délai pour qu’il se conforme aux éprouves préétablies. Au cas où le postulant puisse passer ce délai sans incidents négatifs, il devient un membre entier de la société. Dans l’hypothèse contraire, il n’est pas rejeté de la société, mais il n’est pas considéré comme un membre sage et, par conséquent, honorable de la société.
La personne dont la volonté d’adhésion est acceptée sans réserve se doit attribuer certains droits et certains prérogatives en tant qu’un membre mur de la société Alevi-Bektachi. Mais il s’oblige aussi, en contre partie, respecter sans réserve les obligations qui lui incombe en tant qu’un Alevi-Bektachi.
B. Les Principes fondamentaux du droit Alevi-Bektachi
Il s’avère évidant qu’une étude approfondie portant sur le droit Alevi-Bektachi ne serait pas possible dans le cadre de notre exposé. Nous vous contentons de souligner brièvement sur certaine principes de ce droit local.
Ledit droit est appliqué à la société nomade dont les problèmes sont fondamentalement différents de ceux d’une société sédentaire dans laquelle les relations commerciales sont développées elles montrent une certaine complexité.
Le principe préliminaire est le respect absolu des droits d’autrui lequel, selon l’enseignement Alevi-Bektachi nécessite un auto contrôle constant et absolu. Chaque’un doit contrôler “sa langue, sa main, et ses pulsions sexuelles”. Ainsi, un vrai Alevi-Bektachi, doit faire preuve d’un droiture exemplaire.
Dans le cas contraire, il doit réparer le dommage causé à autrui par les sanctions infligées de la part du chef spirituel (Dede) ou d’un comité des sages (Erenler)
Les sanctions dont ils s’agit peuvent revêtir un caractère civile ou pénal selon le préjudice causé.
Le droit de famille est fondé sur le principe d’égalité des époux. Le polygamie est strictement interdit. Le divorce est aoriste mais soumis aux règles restrictives. La femme ou l’homme qui viole ses obligations d’assistance vis-à-vis de ses enfants est condamné sévèrement. L’enfant, quelque soit son age, doit avoir un respect absolu envers ses parents, et s’il y a lieu, doit subvenir à leur besoins.
En ce qui concerne les relations commerciales, le droit Alevi-Bektachi condamne le profit sans travail. Le revenu du travail est protégé systématiquement.
Il y a lieu de préciser qu’un tel principe appliqué auparavant sans grand problème dans la société Alevi-Bektachi nomade ne trouve pas aujourd’hui une application stricte dans la société moderne où les nécessités commerciales justifient la rente.
En ce qui concerne le droit pénal l’individu doit se proserver de commettre des actes compromettant la sécurité d’autrui et de la société. Ces actes ne sont ni énumérés ni codifiés. Même les actes contraires à la moralité sont appréhendés. Certains caractéristiques des décisions rendus.
Il est intéressant de constater qu’en droit Alevi-Bektachi, il n’existe aucune sanction pénale inspirée par l’idée de vengeance de la société. C’est pourquoi, la peine capital, la peine d’emprisonnement n’existent pas en droit Alevi-Bektachi. La première n’est même pas considéré comme une sanction. Car celui qui est exécuté n’est plus récupérable par la société. Le deuxième, C’est-à-dire la peine d’emprisonnement n’est pas applicable dans une société nomade. Car telle société ne possède pas de prison ambulant.
En matière civile, la partie ayant causé un dommage à autrui par ses actes est condamné à réparer le préjudice à autrui par ses actes. La juridiction peut lui infliger une obligation de faire ou de ne pas faire. Ces obligations peuvent revêtir plusieurs
formes, tels que le paiement d’une somme d’argent, la garantie d’assurer les besoins de la partie adverse etc.
En ce qui concerne les affaires pénales, les sanctions sont prononcées sous forme de;
· l’exclusion des réunions collective (Cem)
· l’interdiction de jouissance des droits civiques,
· l’exclusion de la société pour une durée limitée ou illimitée.
Partie 2: Juridictionnel chez les Alevi-Bektachis
Chez les Alevi-Bektachis, les problèmes juridiques sont traduits soit devant le chef spirituel (Dede) ou le conseil des sages soit devant un conseil arbitral.
A. Juridiction du chef spirituel (Dede)
Pour des affaires qui ne présentent pas un caractère urgent, le chef spirituel se prononce dans des réunions périodiques annuelles. Ces réunions (Cem) ont lieu généralement à l’automne.
Lors de ces réunions, tout Alevi-Bektachis à la possibilité demander au chef spirituel (Dede) de trancher le litige l’opposant à autrui. Par ailleurs, chaque participant se présente personnellement devant le Dede et lui demande de lui donner quitus pour ses actes commis dans l’année précédente. Dede, après avoir interrogé l’ensemble des participants sur le conduit de cet Alevi-Bektachi, prend l’acte de ce qu’il n’existe aucune plainte à son sujet, et lui donne sa bénédiction. Suivant cette bénédiction, l’alevi-bektachi renouvelle censément de nouveau pour son engagement à se conformer aux règles de moralité.
Au cas où il existe un plaignant, le problème est examinée par le magistrat suprême qu’est le chef spirituel, le quel après avoir entendu les parties, prononce son verdict.
Pour les affaires pressentant un caractère d’urgence, le chef spirituel prononce sa sentence sans attendre la prochaine réunion annuelle. Les parties sont convoquées à l’audience dont la date est fixée par le chef spirituel. S’il y a lieu le chef spirituel ordonne les mesures conservatoires.
S’il s’agit d’une affaire pénal, le prévenu est confié à un alevi-bektachi notable le quel est tenu d’assurer la sécurité du prévenu. Le tribunal est constitué par le comité de sage et par le chef spirituel. A l’audience public les débats sont contradictoires. Le chef spirituel, après avoir entendu les parties et les témoins prend l’acte de l’avis du comité de sages et prononce sa décision.
B. Arbitrage
La juridiction du chef spirituel est la procédure normale. Toutefois, lors qu’il y a une difficulté quelconque pour la juridiction du chef spirituel, les parties acceptent l’arbitrage. Il en est ainsi par exemple, lors que le chef spirituel se trouve éloigné du domicile de parties du litige.
Les arbitres qui sont choisis par un commun accord des parties, après avoir examiné le litige, se prononcent sur le problème posé. Les décisions arbitrales sont immédiatement exécutoires.
Il y a lieu du préciser que la procédure d’arbitrage prend de plus en plus d’importance à nos jours. Car l’autorité du chef spirituel disparaît de plus en plus dans la plusieurs localités. On constate que dans certains régions il n’existe même pas au chef spirituel.
Comme nous venons de l’exposer brièvement, le doctrine Alevi-Bektachi propose un model de société humanitaire et moderne. De ce point de vue, il rejette le plupart dogmes proposés par l’orthodoxie islam. Ce refus catégorique des normes de l’islam qui sont par définition inchangeable, puisqu’elles sont l’émanation du volonté divine, assure à la société Alevi-Bektachi, une capacité d’adaptation aux exigences du monde moderne.